J’ai mis un peu de temps
pour revenir à mon Blog car je souhaite conserver un ton léger or je me suis sentie un peu battue par les évènements dernièrement et surtout par ce satané marché immobilier qui n’évolue pas du
tout comme je l’espérais ! Si je me fie aux graphiques et prévisions des économistes, nous sommes en plein rebond et le marché ne devrait pas tarder à entamer son plongeon final. Cependant,
si je leur ai voué une foi totale jusqu’ici, aujourd’hui je doute. Une seule certitude : la prochaine fois que nous trouvons un bien qui correspond à nos critères, fini les tergiversations,
même si ce n’est pas la maison de notre vie, nous devrons foncer. Il y a trop peu de biens à la vente dans notre commune de 17000 habitants, et ma recherche se limite à un périmètre restreint.
Par ailleurs toutes les maisons dans notre budget, situées dans les quartiers qui m’intéressent, se sont vendues (à part la maison dont les combles sont à aménager car elle reste trop chère). Et
moi qui ne suis pourtant pas sujette au regret, j’ai commencé à en éprouver. Cela fera peut-être l’objet d’un prochain billet.
Enfin, la semaine dernière j’ai eu confirmation que la maison coup de cœur est bel et bien partie à 650 000 euros. Même la négociatrice était surprise d’avoir eu une si belle offre. Elle nous a confié que depuis un an il y avait eu plusieurs offres en dessous de 600 000 euros et que le vendeur avait tenu bon. J’ai ressenti de la déception mais pas de regret, car à 650 000 euros elle était hors budget, surtout avec les fenêtres à changer, et il est hors de question que nous nous endettions jusqu’au coup pour aller vivre dans la commune riche en logements sociaux, même dans une maison de rêve.
Rendez-vous a finalement été pris pour visiter la maison aux mauvaises odeurs.
J’arrive à l’agence en fin de journée, il y règne une sorte d’effervescence, tout le monde a l’air très affairé. Je suis transparente pendant 10 longues minutes. Un négociateur, dont il me semble reconnaître la voix, est au téléphone, il paraît survolté par toute cette activité. Il arbore l’attitude un peu condescendante du commercial dont les affaires vont bien : « Je fais mon travail de commercial, je suis aimable juste ce qu’il faut mais pas trop, j’ai du temps à vous consacrer, mais pas trop. ».
Enfin, il raccroche et je l’entends dire « Bon, avec qui ai-je rendez-vous à 18h30 …». Je sens que je dois intervenir, car (apparemment) je suis toujours invisible.
- Avec moi peut-être, … Madame G ?
- Bonjour Madame G, j’espère que vous n’êtes pas allergique aux chats ?
- Pas du tout, dis-je soulagée, (je préfère ça à des rats crevés ou à une vieille personne dont le décès aurait été découvert un peu tard), quelques chats ne me font pas peur.
- La dame qui habite la maison que nous allons visiter héberge 80 chats.
- …
80 chats, je ne m’attendais pas à ça.
Nous arrivons devant la maison. On sonne, la dame entrouvre la porte et nous demande de nous faufiler rapidement. Ça n’est pas facile avec ma trottinette, je fais de mon mieux et déjà je manque d’écraser un animal qui a l’air de chercher la sortie. Nous sommes dans une sorte de véranda qui relie la maison au garage et le rez-de-chaussée au 1er étage, car le bâtiment est divisé en deux appartements. Il y a des chats absolument partout. Et bien sûr il y a l’odeur des chats mais je m’en accommode. Pour le moment.
La dame me serre la main, son fuseau est couvert de poils.
- Vous connaissez mon association « Chat machin » ? Elle est subventionnée par la mairie, je recueille les chats errants, je les fais stériliser et vacciner.
- Euh, non …
Subventionnée par la mairie ?! Il me semble qu’elle mériterait surtout être signalée aux services sanitaires …
- Mon association m’a ruinée, poursuit la dame, c’est pourquoi je vends cette maison qui était à mon père etc.
Elle est très volubile.
Nous passons une première porte et nous retrouvons dans une sorte de cuisine, là encore, il y a des chats absolument PARTOUT, sur les étagères, sur la cuisinière, dans des cageots par terre. L’odeur est plus prégnante tout à coup. Nous jetons un coup d’œil rapide à la cuisine et à la pièce attenante … mais il y tant de chats que je suis incapable de me concentrer sur la visite. Pour ajouter à l'étourdissement dans lequel je me trouve déjà, la dame me fait l’article à propos de son association alors que le négociateur, de son côté, essaie de me présenter son produit sous un meilleur jour en faisant mille et une suggestions d’aménagements.
Nous passons dans un salon, la dame m’avertit que les chats y sont interdits de séjour, encore une fois, nous essayons de nous glisser à travers la porte tout en les empêchant de passer, mais deux ou trois bêtes parviennent à filer entre nos jambes. Tout me semble tellement souillé que je fais mon possible pour n’effleurer aucun mur. Nous visitons trois pièces, puis retournons dans la cuisine puis la véranda pour aller à l’étage. Là, les chats ont droit de séjour et j’en découvre de nouveaux … ce n’est pas possible, il y en a plus de 80. Ils sont partout, certains somnolent sagement rangés dans les cageots qui leur servent de panier, d’autres sont assis sur les tables et certains nous accompagnent pendant la visite. A l’étage, la maison est dans état de délabrement avancé, seule une salle de bain a été entièrement refaite, ce qui semble totalement incongru. Un chat pisse à l’horizontale contre un mur sous mes yeux ! Il marque son territoire ? Je le pensais déjà suffisamment imprégné comme ça. La dame nous ouvre toutes les portes sauf une. Elle me dit que, là, les chats n’ont absolument pas le droit d’entrer car il y a des rongeurs. Le négociateur lui demande tout de même d’entrouvrir, je passe la tête rapidement. Je n’aperçois aucun rongeur, en revanche j’entrevois une paire d’aile, une nuée d’insectes et un grillage sur la fenêtre. C’est une volière ! Au première étage de la maison, dans une pièce qui m’est présentée comme étant idéale pour un bureau (au cas où je manquerais d’imagination).
Certains chats nous accompagnent pendant toute la visite. Je n’arrive toujours pas à me concentrer, le négociateur continue de me présenter le grand potentiel de chaque pièce. La dame m’explique combien elle a été heureuse dans cette maison avec son père « l’endroit est si charmant etc. ».
Nous finissons par le jardin qui entoure la maison, il est tellement embroussaillé qu’on ne voit pas le mur du fond. Mais, pour la première fois, je suis un peu charmée, le jardin a un réel potentiel. Nous contournons un mur et je me retrouve face à de hautes herbes et des broussailles couvertes de fientes d’oiseaux. Je lève les yeux et découvre un bel acacia dans lequel une colonie de pigeons a élu domicile. Je remarque alors qu’il n’y a aucun chat à l’extérieur.
À l’issue de la visite, le négociateur, pour qui cette visite est clairement une épreuve, me dit que des travaux s’imposent (au cas où je n’aurais pas remarqué), il m’avait prévenue. Je reconnais le potentiel de la maison, le charme du jardin. Mais je la trouve hors de prix. Elle doit être entièrement désossée selon moi, il serait presque plus simple de construire de zéro … elle est donc beaucoup trop chère à 545000 euros. Une grosse rénovation ne nous fait pas peur à condition d’avoir le budget pour. La maison présente par ailleurs deux autres défauts selon moi : l’une des chambres a vue sur le cimetière, et surtout, elle se trouve en face d’un petit réparateur de voitures. En revanche elle est très centrale, bien située par rapport aux commerces et aux transports.
Voilà, il m’a fallu quelques heures dans la fraîcheurs du jardin d’un couple d’amis, au milieu des roses, pour me remettre de cette visite et surtout me débarrasser de l’odeur dont mes narines étaient imprégnées.
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La semaine dernière mon mari m'appelle de son bateau :
Les prix de l’immobilier baisseront à nouveau … oui, mais quand ?